2 RIVES

 

Au fil des "2 rives", c’est un déroulé photographique le long des berges, à vélo, au plus près de l’eau.

 

L’eau, c’est celle de la Marne, un parcours dans le 94 de Bry sur Marne et Neuilly sur Marne, jusqu’à la fin de son parcours maîtrisé, la confluence avec la Seine à Charenton et Alfortville.

Les photos ne sont pas nommées par leur position pointée sur une carte ou par un nom. Elles sont numérotées par leur emplacement GPS pour montrer que pour le documentaire, l’important n’est pas là.

Les images se mélangent, les lieux aussi. Il aurait été certes séduisant de montrer l’évolution de la Marne en racontant une histoire « au fil de l’eau », de bout en bout, de rive en rive. J’ai trouvé plus intéressant de mélanger les images et les points de vue afin de perturber l’imaginaire afin de ne pas stigmatiser un lieu plus qu’un autre, une ville plus qu’une autre. Et la diversité des sites traversés est impressionnante.

Subjectivité et liberté du regard ont été mes uniques leitmotivs pour la prise de vue. Bien au contraire de la gratuité, je cherchais au contraire une photographie avant tout homogène dans l’esthétique, dans l’image, plus que dans le sens véritable. Pas de lieux connus (les Guinguettes et autres que beaucoup d’autres avant moi ont très bien photographiés) ni de parcs foisonnants le long de la rivière, juste une progression visuelle guidée par la lumière et par l’envie de photographier telle ou telle scène.


Chacun porte le regard sur les choses à sa manière, avec sa sensibilité intrinsèque et celle du moment, quelquefois différente avec le temps. Ce documentaire photographique est le sentiment retranscrit de ces moments-là, dans ces lieux-ci. Avec ce besoin de se détacher des choses et de s’en rapprocher aussitôt, de mélanger les genres mais pas trop. De ne photographier qu’avec un téléphone portable pour la rapidité du geste, l’imprécision du regard, celui qui lève son appareil et photographie, comme un promeneur d’aujourd’hui, un vagabond des bords de Marne. Un Willy Ronis sans France populaire, un Patrick Bard sans guinguette ni Thierry Joncquet, une Marne sans ses sites incontournables. Un deux-roues et des sentiers pour seuls compagnons.